Maman écoute moi
Je dois te dire un' chose
Il faut que tu t'assois
Quant à moi, faut que j'ose
Te dire simplement
Que j'aime les garçons
Ne pleure pas, maman
Il n'y a pas de raison
Je suis gay et alors,
Que veux tu que j' te dise ?
C'est vrai, c'est pas la mort,
Ne pique pas ta crise !
Je sais où se situe
Ta fichue tolérance
Accepte donc, veux tu,
Mon humble différence.
J' vois pas où est l'problème
Tu sais quoi ? J'suis le même
C'est toi qui comprends pas
Que l'amour est sacré,
Que quel que soit mon choix,
Il faut le respecter.
Quand je ferme les yeux, c'est à toi que je pense.
Ton regard, tes cheveux, la chaleur de ton corps
Qui enserrant le mien, me fit perdre le nord,
Le bruit de ton cœur tendrement me balance.
Quand mes pensées s'envolent, malgré tous mes efforts,
Que la beauté fait place à cette triste noirceur,
Je sens alors les larmes et l'infinie douleur
Rappeler à mon cœur comme je suis seul encore.
Comment pourrais-je trouver ce si parfait amour
Qui éblouit mes nuits mais vient hanter mes jours,
Que j'aimerais tant crier par delà les montagnes,
Si je n'accepte pas de me livrer bataille.
Mettre fin à ma peine, arrêter mon parcours !
J'y ai pensé dans mes plus tristes jours.
En effet j'aime les hommes au lieu d'aimer les femmes
Et je n'ose avouer ce si 'terrible drame'.
Comment leur faire comprendre à tous ces beaux penseurs
Que je ne fais que suivre ce que me dis mon cœur,
Que lorsqu'il y a l'amour, il n'y a pas de pêché
Et jamais aucun frein ne pourra l'arrêter.
Après tout moi aussi j'ai droit à être heureux.
Je n'ai jamais rien fait de si mauvais mon Dieu.
Alors je vais me battre même si ce sera long.
J'y parviendrai c'est sur, je trouverai ce garçon.
Quand je repenserai à ces tristes moments
Durant lesquels je voilais mes penchants
Conscient au fond de moi que j'ai bien de la chance
De vivre dans l'amour cette petite différence.
Cela rajoute en fait du piquant dans ma vie
Comme ces simples passants une copie je ne suis
J'ai enfin quelque chose pour me différencier
Sans réclamer j'échappe à la banalité.
Me blottir dans tes bras, où tout n'est que tendresse
M'endormir près de toi, connaître d'autres ivresses
Pour que notre bonheur donne raison au destin
Et qu'unis nos deux coeurs partent ailleurs, bien plus loin
Mais tout à coup j'ai peur, de lui, d'eux, de tout. Je crains ses silences. Le son de sa voix. Je tremble et je me perds dans la réalité. Je ne sais plus. Dans ce monde où tout se veux réglementé, normalisé. Je ne comprends pas ce qu'ils me crient, sans cesse indéfiniment. Mon esprit se perd dans ces récriminations.
Pourquoi me dit-on qu'il ne faut pas, que de tout ça rien n'est vrai ; que je me nourris d'illusions, que la vie ça n'est pas ça ; que je dois t'oublier et retrouver le droit chemin, mais où est le droit chemin ? Je croyais qu'il me suffisait de suivre mon coeur. Où est cette route et quelle est-elle, si elle n'est pas l'amour ? Où est ce mal dont ils me parlent ? Quelle est ma faute, ce sentiment dont je devrais avoir honte mais dont je me sens fière près d'elle ? Pourquoi me sentir coupable ? Et de quoi ?
Qui sont-ils, eux qui ne comprennent pas que mon coeur brulle pour lui ?
Je sens ces regards accusateurs et terribles, qui jugent ce qu'ils ne comprennent pas. Je me tais et je pleure. Je les plains de ne pas connaître ce sentiment intense et profond, cette chaleur qui s'immisce chaque jour plus profond dans mon être ; cette force qui me ferait décrocher la lune et les étoiles, et dont ils veulent me priver. Ils m'effraient, car ils ne comprennent pas. Ils me voient comme une bête curieuse ; comme un être dénué d'humanité, contre nature. Ils sont tous fous, et je crois que la folie s'empare de moi, sans lui...
J'avais cru que tout était simple. J'avais fini par le croire, à force de toi...
Que soient brûlés tous le maux de mon âme
Tout mon passé déchiré dans les flammes
Pour te garder, pour tout ce que tu donnes
Puisque sans toi je ne suis plus personne
S'il faut le dire, dans les yeux, face à face,
À corps perdu je voudrais que tu saches...
Tu es mon tout, mon double, mon autre moi-même
ma seule prière, ma terre, mon pur oxygène,
tu es mon tout, mon or, ma prison, mes chaînes
et c'est encore ton sang qui brûle dans mes veines
J'ai pris des routes et des vents de poussière,
tracés de doutes et de courants contraires
J'étais perdu, je me retrouve enfin
Puisque avec toi je n'ai plus peur de rien
J'irai plus haut, plus loin de jour en jour
Si tu me suis au-delà de l'amour
Tu es mon tout, mon ciel, mon jardin d'Eden
ma différence, ma chance, le prix de ma peine
tu es mon tout, mon île, mon point de repère
et c'est ici, en toi, que brille ma lumière
Même si le temps nous sépare,
Si le courant t'entraîne
Je garderai de toi le meilleur de moi-même